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Notice
Identification et lieu de conservation
IDC671
TitreBEAUMARCHAIS à Mme Vence de Saint-Vincent - avant le 24 avril 1778
Document de référenceOui
Statut éditorialLettre retenue
Nature du documentImprimé
Intervention(s)
Expéditeur(s) et destinataire(s)
Instrument d’écritureNon déterminé 
Dates
Datationavant le 24 avril 1778
Référence(s)
Référence(s)
Incipit

On vous a mal instruite, Madame ; quelques affaires de comédie m’ont attiré chez M. le maréchal de Richelieu, d’où M. Blondel a beaucoup trop légèrement conclu qu’il s’agissait de mémoires de ma part. 

Contenu

On vous a mal instruite, Madame ; quelques affaires de comédie m’ont attiré chez M. le maréchal de Richelieu, d’où M. Blondel a beaucoup trop légèrement conclu qu’il s’agissait de mémoires de ma part. Je ne suis point avocat, et, dans une affaire aussi grave, M. le maréchal doit plus rechercher un homme de loi qui dise des choses qu’un homme de lettres qui fasse des phrases.

De ma part, Madame, je suis encore en reste avec M. le comte de La Blache d’un épais mémoire qu’il vient de publier à Aix, où nous sommes renvoyés ; j’ai sur mon bureau les matériaux d’une requête à la cour des pairs contre la cour sans pairs qui m’a blâmé d’avoir eu raison, et M. Blondel veut que j’aille m’immiscer

dans les tracas d’autrui, lorsque tout mon temps ne peut suffire aux miens : cela n’est ni probable ni vrai.

Non, Madame, je n’ai point commencé de mémoire contre M. de Vedel ; je n’en ferai point contre vous, et je n’ai reçu de M. le maréchal ni de personne aucune demande à ce sujet. Pour l’univers entier, je ne voudrais me servir de ma plume pour un ressentiment étranger, et comme vous le dites très-bien, Madame, une inspiration de reflet ne me fournirait ni pensée ni expression ; ce n’est même qu’avec le plus vif regret que j’ai quelquefois été forcé d’employer ma plume contre mes ennemis personnels. D’ailleurs un procès d’une aussi sombre gravité que le vôtre exige un ton dont je désire sincèrement n’être jamais dans le cas d’user contre personne. Voilà ma profession de foi. Je suis on ne peut plus sensible à tout ce que vous me dites d’honnête et d’obligeant; mais, quoique j’estime infiniment la force d’esprit qui soutient les malheureux dans l’oppression, ce n’est pas sans quelque douleur que j’ai vu tant d’esprit, de grâces et de gaieté briller au milieu d’une aussi grande infortune et s’échapper du triste lieu que vous habitez.

Ce sentiment qui conduit ma plume vous prouvera mieux que tout l’enjouement du monde combien je suis éloigné de m’en servir contre vous, dont j’ai l’honneur d’être avec respect, Madame,

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Responsable du projet : Linda Gil, Maîtresse de conférences en histoire du livre et des idées à l'âge classique.
Université Paul-Valéry Montpellier 3, Institut de recherche sur la Renaissance, l’âge Classique et les Lumières
UMR 5186 CNRS / Université Paul-Valéry Montpellier 3
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