[1r]
[en marge]
Strasbourg
M. Le Tellier
[à droite] 22 9bre 1780
Nous vous envoyons copie de la dernière lettre que nous venons de recevoir de M. farquhars. Vous y voyez la cause du retard de nos fontes en Angleterre : soit que cette erreur soit l'effet d'une méprise de la part de Mrs Tod, soit qu'elle ait été faite à dessein par ces négociants anglais pr favoriser un homme de leur nation par préférence à un hollandais ce que nous serions assez enclins à croire, dans ce moment surtout où les grands et le peuple jettent les hauts cris à Londres contre la hollande. Vous verrez aussi dans cette même lettre que de façon il faut essuïer de la part des gros manufacturiers anglais pour avoir quelques echantillons du pap. roïal à notre desir. M. farq. nous a fort bien rendu leur langage ; ne semble-t-il pas nous répeter de leur part : que ne faites vous ces miserables epreuves dans vos petites fabriques de france ? On reconnaît toujours l’anglais à sa superbe.
Vos lettres du 13 et du 10 ctnous sont parvenues ; et nous travaillons à vous chercher et trouver un prot qui vous convienne. Nous attendons de recevoir incessamment les modèles in 8° et in 4° que vous nous y annoncez, ainsi qu'une partie des quittances de souscription, en attendant que vous puissiés nous les completter au nombre de 5000. Il faut que votre registre soit complet et prêt dès le jour de l'expansion de notre prospectus. Nous vous observerons à propos du prospectus qu'il en est entré dans Paris, qui dit on viennent de l'étranger. Ce ne peut être que de votre édition des deux Ponts. En auriez-vous déjà distribué un certain nombre. Cela nous contrarierait en bien des points. On n’attend que sa publication pour nous citer en demeure en bonnes formes au Parlement. Gardez vous d’en répandre que de concert avec notre maison de Paris. Nous vous préviendrons du jour où nous devons le publier en province et dans cette capitale. Nous avons fait passer hier à M. de farquhars. votre notice sur les espaces et les quadrats afin qu’il ne differe pas plus longtems l’exécution de cette partie de fonte, et le reste. Nous allons lui repondre sur quelques autres objets, et le presser de nous donner des nouvelles de nos caractères embarqués sur un vaisseau anglais.
Je n’entends pas bien quel est votre objet en voulant distribuer au public des cartons de modèles in-4° d’un papier moins beau que celui qu’on doit emploïer, surtout pr le roïal. Il me semble que rien n’est si propre à dégoûter de souscrire et qu’il vaudrait mieux ne rien présenter in-4° que de faire dire : quoi, ce n’est que cela ? et cela coûte si cher ? Si vous êtes obligé de répondre : ce n’est pas là le papier ; il sera plus beau. D’abord il y aura beaucoup de gens à qui vous ne serez pas à portée de le dire : ensuite ceux à qui vous le direz ne manqueront pas d’observer que vous ne leur donnez rien qui assure la beauté que vous promettez. C’est un très mauvais effet. Qui donc vous détermine à gâter la volonté de vos souscripteurs ? –– Autre objet. Vous nous avez pas dit que vous distribuez déjà des prospectus. Cela nous met en retard. Nous ne sommes pas prets. Si ce n’est pas vous qui distribués : il y a donc de l’infidélité autour de vous. Cela nous inquiète. Je songe très sérieusement à vous envoyer un teneur de livres ; et probablement un prot que nous trouverons. Plus : vous ecrirez à M. de Miron quand vous jugerez qu’il sera tems ; car pour moi je ne veux pas me mêler de cette partie-là. Je vous salue.
|