[marge gauche] Kehl M. Delahogue
[marge droite] 28 avril 1785.
Je vous donne avis, M. qu'il est parti ce matin une recrue de 6 imprimeurs demandée par M. Colas dans une lettre qu'il a écrite le 22 de ce mois au Sr Le Page. Ces imprimeurs se nomment Chausseblanche, Crion, Mengin, Henri, Charles et Le Monnier. Il leur a été compté à chacun 72H. dont ils ont donné quittance à valoir sur le travail que vous voudrez bien leur procurer. Ils ont promis de se rendre à Kehl le 8 ou le 10 de may prochain au plus tard.
J'ai reçu vos deux lettres du 19 et du 23, la 1ere. sur les deux lettres qui vous manquent de la correspondance du Roi de Prusse. Je n'ai point encore eu le tems de vérifier les originaux et d'y chercher ce dont vous avez besoin, car dans ce moment j'ai deux et 3 fois plus de besogne que je n'en puis faire. Cette collection n'est point numerotée ici chacune des parties est séparée dans des cartons et ce n'est que par les dattes et les 1ers. mots des lettres que je puis remarquer ce qui vous est nécessaire pour completer le deficit.
La 2e. lettre m'annonce la feuille F de ce recueil. Elle a été reçue, et 4 nouvelles épreuves des Epitres reçues aussi, ce que je vous renvoye aujourd’huy, lues par les rédacteurs.
Comme il y a eu un assez considérable remanîment dans les dernieres feuilles de la correspondance je vous prie de les renvoyer de nouveau doubles afin d'être assuré par les redacteurs mêmes que rien n'y manque.
Le parti à prendre pour l’in-4°. est assez difficile. Ce format coutera cher, sera long à exécuter, n'a que très peu de souscripteurs, est très dur à la vente lorsqu'on abonde en éditions commodes et à bon compte. Cependant il serait facheux qu'il n'existât point. Je vous avoue que dans ce cas je suis comme Brid'oison. Je ne sais qu'en dire et voilà ma façon de penser.
Je vous fais repasser le trop des cartons et errata des Figaro papier anglais. Lorsque le ballot sera parvenu jusqu'ici, et que l'on aura fouré ces feuillets dans les exemplaires on est d'avis ici de faire la 1ere. livraison des editions communes avant la 2°. de l'originale. C'est pourquoi vous êtes prié de hater les vol. qui doivent former cette 1ere. livraison d’in-12°. et d’in-8°. Il faudrait même commencer bientôt l'envoy de ce qui est fait et assemblé, et s'arranger de maniere à recevoir les ballots à Paris par petits nombres à la fois, et non pas par charretées de 10 ou 12, comme on a fait cy devant. Ces trop forts envoys affichent l'entrée de cet ouvrage à la douanne, et font craindre que le magistrat ne se rebute de rendre service, par l'éclat que ces grosses balles font necessairement en arrivant toutes ensemble. Si on les divisait, et qu'on en donnât deux à un voiturier, 3 à un autre &a. et qu'on les reçut à Paris à 3 ou 4 jours de distance, cela serait plus coulant et plus facile. Faites en sorte de prendre cette forme pour la suite des expeditions.
Et moi Beaumarchais je vous accuse la reception de la copie de vos deux lettres à M. Krantz et Des Granges. Quelques soient les plaintes qui puissent m’arriver à votre sujet, vous serez toujours le 1er à en être instruit, soyez tranquille à cet égard. Mais si vos papetiers persistent dans l'exécution de leur marché véxatoire, la lézion sur des objets qui ne sont point immeubles a-t-elle quelque force en justice ? Je l'ignore, et peut être en menaçant serez vous forcé de transiger.
Que faut-il donc que je fasse pour les Deux-Ponts ? Est-ce que la lettre du Baron d'Esbeck n'a pas terminé la discussion ? Que vous ecrit-on ? Que dois-je faire ? Parlez.
Je rends graces et vous charge de tous mes remerciments pour toutes les personnes respectables qui m'honorent de leur souvenir. Le Roi touché lui même de ma position vient de m'accorder un secours de cent mille ecus à compte de ce qu'il me doit. Mon mémoire justificatif sera mis cette semaine sous les yeux de S.M. et j'en espere quelque succès. Je vais raisonner à fond avec M. Panckouke sur l'edition in-4°. et je vous manderai notre resultat.
Le Figaro sur papier anglais n'est pas bien imprimé, enfin n'est pas beau./.
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